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4ème Forum Social Mondial  - Mumbai - du 16 au 21 janvier 2004

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Condition féminine Entre fête et revendications Médias Manif Droits sociaux  Impérialisme

Compte-rendu par Guillaume Bertrand

Aux détours du FSM Entretien avec Chico Whitaker Clôture Carte postale Conclusion Liens

La condition féminine

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Les femmes à la pointe de la lutte contre la globalisation au Forum Social Mondial de Mumbai

Témoignage d'une militante malaisienne :
Le pays est plein de contradiction ; le gouvernement vient de dénoncer la mondialisation libérale mais privatise les services publics et la sécurité sociale. Il y a en Malaisie à Kuala Lumpur les immeubles les plus hauts du monde, des grands hôtels, un grand aéroport, mais nous avons aussi énormément de pauvres dans nos villes. Nous avons la "liberté" de parole, mais une fois que nous avons parlé nous n'avons plus de liberté. La soi-disant guerre contre le terrorisme a servi de prétexte pour renforcer des lois dites de sécurité nationale. Le processus de traite des femmes est rendu possible avec la "libéralisation" de l'économie mondiale. Ainsi en Asie du sud, des femmes qui travaillaient pour un salaire même modeste sont les premières licenciées dans le cadre des délocalisations des emplois pour raisons boursières. Beaucoup d'entres elles sont poussées à la prostitution pour survivre. La plupart d'entre elles doivent subir la violence des hommes qui les exploitent. Certaines sont ramassées par la police et se retrouves détenues dans des camps de travail forcé. Avec cette nouvelle main d'oeuvre à un coût particulièrement dérisoire, des sociétés réduisent même leurs investissements en machines et licencient des salariés. Les femmes pour être plus fortes doivent découvrir qu'elles ont des droits. Depuis que je milite, je ne suis plus battue. Nous devons nous battre pour abolir la prostitution mais cela doit passer par des lois qui protègent avant tout les femmes : Il faut offrir des bourses de formation, aider à élever les enfants et apporter des garantie sur la santé.

Témoignage d'une femme du Sri Lanka : Dans l'industrie du textile les femmes sont contraintes de quitter la terre pour aller travailler en usine dans les villes. Les journées sont longues et les conditions de travail difficiles avec par exemple des pauses qui ne sont que de 30 minutes par semaine pour aller aux toilettes. Lorsque certaines ont voulu créer un syndicat, elles ont été tués par les nervis qui les surveillaient. Les conditions de logement sont terribles avec quinze femmes qui doivent vivre ensemble dans un espace réduit. L'OMC qui organise l'industrie textile dans un espace de libre échange, conduit l'industrie du textile au Sri Lanka à supprimer 150 000 emplois. Certaines femmes émigrent au Moyen Orient pour connaître aussi à nouveau le même sort. L'ennui c'est que la plupart des femmes qui travaillent dans ces usines n'ont jamais appris à fabriquer un vêtement complet, mais n'étaient qu'un maillon de la chaîne et ne peuvent être autonomes.

Une femme indienne :
Il y a aussi l'autre problème des femmes qui sont vendues ou sexuellement exploitées. Si certaines femmes ont le statut d'"intouchables" le jour, elles deviennent malheureusement touchables la nuit. Ainsi, dans un pays comme l'Inde que l'on flatte pour son économie florissante, on oublie dans un même temps que c'est aussi un lieu important de l'exploitation sexuelle. Les politiques en laissant les machines remplacer les emplois dans les champs, favorisent beaucoup cette forme d'exploitation. De la naissance à la mort des femmes sont dédiées à "l'exploitation publique", elles vivent dans de mauvaises conditions sanitaires, beaucoup meurent du sida. Aujourd'hui des femmes refusent cette situation pour dire non à l'exploitation sexuelle. Notre peuple dort sans lit et sans avoir mangé, cela ne peut plus continuer. Nous devons nous rassembler pour mettre en cause les structures politiques et économiques.

Une militante du Bengladesh :
Du Bengladesh, du Népal, ou de l'Inde, des femmes migrent pour aller travailler à Mumbai ou au Moyen-Orient. Le Forum Social Mondial doit parler davantage de ce problème de la traite des femmes. Les médias présentent la femme comme un objet sexuel, beaucoup de publicités encouragent la pornographie : nous devons lutter contre ces acteurs du sexe.

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 Des femmes pour témoigner de la violence dont elles sont les victimes dans le cadre de la délocalisation des emplois et de l'exploitation humaine qui s'apparente à de l'esclavage.

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Scène théâtrale dénonçant le patriarcat

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Des femmes pour dénoncer les violences dont elles font l'objet notamment à travers la perpétuation de certains rites religieux hindoux.

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Shirin Ebadi - avocate iranienne 
et prix Nobel de la paix 2003

Shirin Ebadi, à l'occasion de ce FSM a dénoncé la pauvreté extrême de plus de 1,2 milliards d'habitants de la planète dont l'accès à tous les droits posent problème. Cette pauvreté ne remet pas seulement en cause le droit à la nourriture, au logement, à l'eau, à l'éducation mais entraîne indirectement la remise en cause d'autres droits comme le droit à un procès équitable, la liberté d'opinion, le droit de participation aux élections... Il faut réformer les organisations internationales y compris l'OMC, l'ONU et les institutions financières pour les rendre plus démocratiques et en s'attachant à garantir juridiquement les droits sociaux et économiques et en garantissant aussi leur mise en oeuvre. Il faut rendre responsable tous les acteurs y compris les multinationales  qui se rendent coupables de violations des droits de l'Homme.

Elle a aussi évoqués le sort des femmes qui sont les premières victimes de la pauvreté. Elle a parlé aussi des discriminations dont elles font l'objet dans les pays musulmans : Elles subissent la pression des fanatiques religieux mais ceux-ci relèvent davantage d'une attitude patriotique que religieuse. Ces gouvernements se servent du masque de la religion pour discriminer les femmes et imposer le patriarcat.

Les femmes et les enfants sont aussi les premières victimes des guerres. Elle a abordé tour à tour plusieurs dossiers : Le conflit israélo-palestinien où il existe des personnes qui veulent la paix dans les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. Celles-ci ne sont pas assez soutenues par la communauté internationale  qui doit s'attacher à faire appliquer les résolutions des Nations Unis ; la Tchétchénie où la lutte contre le terrorisme sert à justifier les atrocités ; l'occupation de l'Afghanistan et de Irak se fait dans le mépris des droits de l'Homme et du droit international et où le fanatisme religieux est en progression...

Quoiqu'en dise certains gouvernements, les droits de l'Homme sont universels. La détention arbitraire, la torture et la discrimination portent atteinte à la dignité humaine de chacun d'entre nous, quels que soient notre pays d'origine, religion ou ethnie. La solidarité doit se faire entre tous les défenseurs des droits de l'homme  et organisations de solidarités internationales du monde.

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